( 6 février, 2018 )

Un Dogfight entre amis

Cette année, j’ai reçu mon cadeau de Noël avec un peu d’avance. Mais quel cadeau ! Un combat aérien. Pas une simulation. Dans un authentique appareil. Où j’étais aux commandes ! L’animation a pris place à Saint Estèphe (dans le Médoc, caouèc !). J’y suis allé avec un ami et c’est ainsi que nous avons atteint le petit aéroclub vers neuf heures et demi : un immense terrain gazonné qui allait nous servir de piste d’envol. Nous avons été accueillis par un véritable pilote de chasse : « Gégé », qui a presque cinq mille heures de vol à son actif. Nous avons partagé un petit déjeuner ensemble, puis avons enfilé nos combinaisons de vol. Avec nos allures de Top Gun, nous nous sommes ensuite installés dans le grand canapé et Gégé nous a expliqué le principe du duel aérien. Mon ami et moi suivions attentivement : nous allions passer au sérieux juste après ! Avant de nous lancer, nous avons dégusté une bonne plancha en discutant d’aviation. Le second pilote nous a rejoints, puis nous sommes montés à bord de nos avions respectifs : nous à l’avant, et nos instructeurs à l’arrière. En avant la musique ! Bon, au début, je ne me sens pas trop en confiance : je n’ai encore jamais réalisé un vol sur un appareil aussi petit. Et croyez-moi, ça remue ! La moindre rafale bouscule l’appareil. Mais on s’y fait rapidement, d’autant que c’est sublime à vivre ! Ca paraît bête à dire, mais les sensations sont bien plus grandes que celles qu’on peut éprouver sur un appareil de ligne. En fait, voler sur un Airbus n’est pas vraiment voler, c’est juste passer d’un point A et un point B. Rien de tel, ici. Les sensations sont au rendez-vous. La verrière de l’habitacle permet de voir partout à la fois : et il vaut mieux, puisqu’on va passer une partie de son temps à chercher son ennemi ! Nous débutons par une évolution en patrouille serrée pour nous habituer au pilotage. Mon ami dans l’autre avion me fait un signe que « rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici ». Si je le vois si bien, c’est que nous sommes à quelques mètres l’un de l’autre ! Let’s go : l’attaque débute ! Je saisis le manche de l’appareil et essaie de mettre mon rival dans le viseur. Pas arrangeant, celui-ci file continuellement. Mais après quelques minutes de tentatives, je réussis finalement : je shoote l’appareil ennemi et constate qu’une traînée de fumée s’en échappe. Cible atteinte ! Parce que oui, ils ont recrée la simulation à ce niveau de détail : les tirs lasers dégagent des fumigènes. Extraordinaire. J’entame une petite danse de la victoire sur mon siège. Pourtant, le moment est mal choisi pour se relâcher. Car c’est l’heure de renverser les rôles. A moi de devenir le fuyard ! Quel pied, les amis. Au final, deux vols de près de 50 minutes, durant lesquels nos instructeurs nous ont offert un peu plus de liberté à chaque minute. Vers la fin, nous étions seuls en plein ciel, mano a mano. Un dogfight inoubliable ! A lire sur le site internet de cette activité de pilote de chasse

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( 31 janvier, 2018 )

Le bien être du corps et de l’esprit

Parmi les facteurs les plus importants qui conduisent au bien-être du corps et de l’esprit, il faut compter une quantité suffisante de sommeil. Cela a fait l’objet d’une enquête minutieuse par le Dr Dukes de Rugby et Mlle Alice Ravenhill. Ces deux observateurs formés et attentifs s’accordent à dire que la majorité des jeunes se reposent trop peu et dorment. Nous devons nous rappeler que même si les adultes adultes se reposent quand ils peuvent l’avoir dans la journée, les jeunes sont trop actifs, et parfois trop agités, pour se reposer du cerveau ou des muscles, sauf pendant le sommeil. Dans les premières années de l’adolescence, dix heures de sommeil ne sont pas trop; même un adulte en plein travail devrait avoir huit heures, et plus encore est nécessaire pour l’adolescent qui grandit, se développe continuellement et ne se repose jamais. Malheureusement, même dans les pensionnats des classes aisées, l’offre de sommeil est trop limitée, et pour les enfants des pauvres, dont les foyers sont loin d’être confortables et qui ont l’habitude de faire à peu près leur les anciens font, la nuit commence rarement avant onze ou même douze heures. C’est l’une des choses les plus tristes de Londres de voir des petits enfants danser sur le trottoir devant les cabarets jusqu’à une heure très tardive, tandis que des groupes de garçonnets et de filles hoydenish se tiennent au coin des rues la moitié de la nuit. Il n’est pas étonnant que le matin les trouve lourdes et non rafraîchies, et que le travail scolaire souffre gravement du manque d’attention et d’attention vigoureuse que pourrait procurer une bonne nuit de sommeil.  On fait beaucoup de mal en permettant aux enfants de ramener le travail à la maison avec eux de l’école; si possible, le travail de la journée devrait se terminer avec les heures d’école, et le peu de loisir devrait être consacré à l’exercice sain ou au sommeil.  Surpeuplement. – En considérant la question du sommeil adéquat, il serait bon de penser aux conditions d’un sommeil sain.  Pour que le sommeil soit rafraîchissant et sain, le dormeur doit avoir un lit confortable et une abondance d’air frais. Malheureusement, la grande majorité de notre population, tant dans la ville que dans la campagne, ne bénéficie pas de ces avantages. Dans la ville comme dans la campagne, il y a une grande carence de logements convenables à des loyers qui peuvent être payés avec le taux habituel des salaires. En conséquence, les familles sont regroupées en une, deux ou trois pièces, et même dans le cas de personnes bien au-dessus du statut de journaliers et d’artisans, c’est l’exception et non la règle pour chaque individu d’avoir un lit séparé. La question de la ventilation est certainement mieux comprise qu’elle ne l’était il y a quelques années, mais laisse encore beaucoup à désirer, et il y a toujours une nécessité urgente de prêcher l’évangile de la fenêtre ouverte.

( 22 décembre, 2017 )

Troisième conférence d’Islande sur la presse

Suite à un meeting à Reykjavik, je souhaite revenir sur l’analyse d’un auteur qui s’est employé à nier l’intérêt du brand content et à mettre en lumière son manque de moralité. Le procès n’est pas nouveau, et la critique faite aux marques de s’accaparer le métier des médias traditionnels est relativement fréquente. Personne ne s’en offusque, car il est normal que les médias l’aient un peu mauvaise, de voir débarquer des concurrents aussi redoutables sur leur terrain. Néanmoins, cette critique, surtout quand elle vient de certaines autorités autoproclamées, est un peu lassant. Et l’idée derrière leur argumentation est franchement écoeurante. Leur diatribe est en effet souvent (pour ne pas dire systématiquement) construite sur la croyance qu’il y aurait au sommet des têtes pensantes, qui savent, et qui le public, prisonnier de l’obscurantisme et qui doit être éduqué. Je n’aime pas cette idée qu’il faut empêcher les consommateurs de se faire entortiller par les marques, incapables qu’ils seraient de faire la différence entre une publicité dissimulée et du vrai contenu. D’autant que l’expérience que j’ai des consommateurs dans mon travail, c’est qu’ils sont en fait parfaitement conscients des mécaniques de la communication marketing. Sans qu’il soit besoin de leur expliquer, ils savent parfaitement identifier des contenus à vocation commerciale, des contenus à vocation éditoriale, et des contenus hybrides. Pour autant, je ne dis pas que les inquiétudes vis-à-vis de cette mutation de l’éditorial soient illégitimes : je pense tout particulièrement aux contenus de marque à l’intention des petits, qui peut poser problème. Il y a selon moi des espaces à préserver à tout prix de la présence des marques. Cependant, toutes ces précautions ne doivent pas servir d’alibi pour nier au consommateur le pouvoir de juger de lui-même des contenus fournis. La condition fondamentale est la nécessité de pouvoir identifier qui s’adresse à lui, et dans quel but. Pour le reste, c’est à lui de juger. Le consommateur a pris le contrôle, et il n’y a pas de raison que ce pouvoir ne s’étende pas aussi aux médias habituels. Les marques peuvent à mon sens réaliser des contenus aussi qualitatifs que les médias. Et c’est au consommateur seul d’en décider. Ce meeting a illustré encore une fois combien les médias classiques s’inquiètent de l’avènement de cette concurrence. Mais il leur incombe de confirmer leur adresse dans le domaine, car ils ne peuvent certainement plus se réduire à la claironner à tout bout de champ ! Retrouvez plus de renseignements sur l’organisateur de ce séminaire en Islande.

( 19 décembre, 2017 )

La menace croissante du populisme et la faiblesse de la réaction

Plutôt que de s’opposer à la montée des populismes, trop de responsables politiques paraissent avoir perdu confiance dans les valeurs portées par les droits humains et ne les soutiennent que timidement. Peu de dirigeants ont encore le courage de les défendre vigoureusement, à l’exception notable de personnalités comme la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre canadien Justin Trudeau ou le président américain Barack Obama. Certains dirigeants paraissent s’être enfoui la tête dans le sable, dans l’espoir que la tempête populiste s’essouffle. D’autres, quand ils ne cherchent pas à profiter des passions populistes, semblent espérer que l’émulation entre populistes finira par tempérer l’ascendant de ces derniers sur les électeurs. Au Royaume-Uni, la première ministre Theresa May a ainsi dénoncé « les juristes activistes et droits-de-l’hommistes de gauche » qui osent s’en prendre aux forces britanniques en dénonçant des cas de torture en Irak. En France, le Président François Hollande s’est inspiré du Front national pour proposer de déchoir des binationaux de leur nationalité française au nom de la politique de lutte contre le terrorisme – une initiative qu’il a abandonnée par la suite et dit regretter. Aux Pays-Bas, le gouvernement soutient des mesures restrictives quant au port du voile intégral par les femmes musulmanes. De nombreux dirigeants européens soutiennent désormais l’appel à fermer les frontières européennes lancé par le premier ministre hongrois Viktor Orban, abandonnant les réfugiés à leur sort. Imiter ainsi les populistes ne fait que renforcer et légitimer les politiciens qui s’attaquent aux valeurs des droits humains.

( 23 novembre, 2017 )

Débuts de pilote

Piloter un avion a toujours fait partie de ma liste de trucs à faire avant de mourir. Et je peux enfin la rayer de ma liste. Car samedi dernier, alors que j’étais en week-end à Cannes, j’ai réalisé une initiation au pilotage d’avion, au terme de laquelle j’ai pu voler une heure à bord d’un petit Robin DR400. Et je dois dire que j’ai bien apprécié cette équipée dans les hauteurs ! Je m’attendais à ce que piloter un avion soit dur, mais en réalité, c’est une vue de l’esprit : c’est très facile, au contraire ! En fait, le pilote m’a même informé qu’on peut obtenir son PPL bien avant d’avoir son permis de conduire : ça vous donne une idée combien c’est possible ! En effet, il est non seulement plus facile de voler que de rouler sur une route (après tout, il n’y a ni vitesses ni embrayage dans un avion), mais il y a aussi beaucoup moins d’obstacles ! Ce qui fait qu’au final, il est possible de passer sa licence… dès 15 ans ! En fait, depuis que j’ai fait ce vol, j’ai commencé à me demander pour quelle raison je ne l’ai pas fait avant : ce n’est pas comme s’il n’y avait pas un aérodrome à 10 kilomètres à peine de chez moi ! Alors pourquoi a-t-il fallu que je passe à l’acte si loin de chez moi, alors que j’étais chez des amis ? C’est d’autant plus agaçant que c’est systématique. C’est quasiment une règle, même : c’est lorsqu’on est en vacances qu’on fait de nouvelles expériences. Je ne sais pas pour quelle raison. Qui sait, peut-être est-ce le fait de sortir du cadre habituel : cela réveille peut-être d’une certaine façon notre soif d’aventure. Mais c’est dommage, dans le sens où l’on passe un peu plus de temps chez soi que l’inverse. Je pense que je vais donc faire un effort pour faire un peu plus souvent des activités nouvelles autour de chez moi. Pour résumer : « you shall not pass, plan-plan ! » Je vous mets en lien le site où j’ai déniché mon stage de pilotage d’avion à Cannes, pour ceux qui se sentiraient une âme d’Icare. Retrouvez plus d’informations sur l’organisateur de cette expérience de baptême de l’air en avion.

( 22 novembre, 2017 )

Quelle fréquentation des mosquées ?

La fréquentation des mosquées est une question importante. La représentation sociale des musulmans repose aujourd’hui sur le CFCM, dont la composition dépend en partie de l’importance des différents lieux de culte. Par ailleurs, les mosquées sont une interface, présentées dans le débat public à la fois comme des lieux de diffusion des idéologies radicales et des lieux d’enseignement du religieux et de la langue arabe. Elles occupent donc une place importante dans l’ensemble des dynamiques étudiées. Selon les données de notre enquête, environ 30 % des 1 029 répondants musulmans ne se rendent jamais à la mosquée. De plus, 30 % supplémentaires ne s’y rendent que pour les grandes célébrations du ramadan ou moins souvent. Ce sont donc près de 60 % des musulmans qui ont un rapport distancié ou inexistant avec les lieux de culte. Environ 15 % des musulmans se rendent à la mosquée une fois par semaine, généralement pour la prière du vendredi. Les pratiquants les plus assidus représentent environ 12 % de la population musulmane. Ces derniers se rendent plusieurs fois par semaine dans les lieux de culte, et 5 % des individus déclarent s’y rendre quotidiennement. Si le lien aux lieux et institutions cultuels apparaît relativement distendu, cela ne signifie pas que la religiosité est absente de la vie d’une majorité de musulmans. Au contraire, la pratique de la prière, y compris l’usage des cinq prières quotidiennes est répandue, même chez les individus ne fréquentant pas ou peu les mosquées. Si plus de neuf individus sur dix qui se rendent chaque jour à la mosquée respectent les cinq prières quotidiennes, c’est également le cas de 50 % des musulmans ne se rendant dans les lieux de culte que pendant le ramadan, et de 45 % de ceux s’y rendant moins souvent. On constate donc, là encore, le développement d’une religiosité importante mais relativement indépendante des institutions, des lieux de culte et des structures musulmanes, tout en aspirant à une piété forte et à la reconnaissance de pratiques religieuses ayant trait à l’organisation de la vie collective au quotidien.

( 20 octobre, 2017 )

En cuisine avec une Top chef

Ceux qui me connaissent le savent : je ne suis pas un as en cuisine. Si je donne le change pour réaliser des plats simples, je suis loin d’être Marc Veyrat aux fourneaux. Et ma famille me l’a souvent fait remarquer, à force d’être reçue avec un plat de spaghettis ! Pour mon dernier cadeau, mon entourage m’a payé cette expérience : un cours de cuisine à Besançon. Dites-moi : je dois y voir un sens caché, selon vous ? Je me suis donc rendu à Besançon pour prendre du galon dans le domaine. Le chef cuistot qui nous a reçus était un jeune passionné, fort de plusieurs expériences dans de grandes cuisines.Le programme du cours visait à préparer un menu complet, qu’on pouvait ensuite déguster à table. Lors de ce cours, j’ai parmi d’autres plats pu en réaliser un qui mérite un mot : un milles feuilles de crabe ! Oui, croyez-moi : le résultat est aussi plaisant et savoureux que ce que vous pouvez imaginer d’après le nom, c’est un régal pour les papilles. Demain, je vais préparer ce plat pour le faire goûter à mon entourage. J’ai hâte d’observer leurs réactions ! Cette idée de cours de cuisine va leur faire autant plaisir à eux qu’à moi. Car le chef cuistot lui-même m’a félicité pour mille feuilles, lors de l’atelier. Nous avons au final dégusté nos oeuvres autour d’une table, tous très fiers de notre travail (certains l’étaient même à tel point qu’ils prenaient leurs plats en photo pour l’envoyer à leurs amis !). Après ces trois heures épiques d’apprentissage, j’ai effectué une promenade digestive dans les rues de Besançon, une ville que je connaissais avec le recul très peu. Certes, j’y vais souvent pour le travail, mais je ne me souviens pas avoir un jour pris le temps de l’explorer pour le plaisir. C’est ainsi que j’ai arpenté bon nombre d’artères dans lesquelles je n’étais encore jamais allé. Si la journée était venteuse et froide, cette balade était indispensable : il fallait refroidir la tête d’un chef cuistot qui venait de naître ! Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du blog sur cette activité de ce cours de cuisine à Valence chez Anne-Sophie Pic qui est très bien fait sur le sujet.

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( 19 octobre, 2017 )

La désindustrialisation des pays émergents

Vêtue d’un sari violet et doré, Kiran Kumari est assise derrière sa machine à coudre Brother, sur le sol d’une vaste usine, entourée de dizaines de petites mains. D’un grand geste habile, elle saisit un morceau de tissu du tas à côté d’elle, place une pièce blanche au-dessus et les fait rapidement passer tous les deux sous l’aiguille. Il s’agit d’un des 400 cols que Mme Kumari coudra sur des vêtements Ralph Lauren au cours de son service de huit heures, à raison de quelques minutes par pièce, le tout pour un salaire mensuel d’environ 100 dollars. Elle et les 4 800 autres employés que comptent les trois usines de Matrix Clothing au sud de Delhi forment une infime partie de l’abondante main-d’œuvre peu coûteuse sur laquelle de nombreux pays en développement fondent leurs espoirs de prospérité. Cela vaut particulièrement en Asie du Sud, où la population s’accroît rapidement et les salaires restent faibles. La Banque mondiale estime qu’à elle seule, cette région fera entrer 1 à 1,2 million de personnes sur le marché du travail chaque mois au cours des deux prochaines décennies, soit 240 millions de personnes. Pourtant, à 13 000 kilomètres de là, dans la ville d’Atlanta (États-Unis), une entreprise de robotique planche sur la conception d’une machine qui pourrait faire perdre son travail à Mme Kumari : la technologie Sewbot, développée par Softwear Automation, vise à automatiser l’ensemble du processus de fabrication de vêtements. “La technologie Sewbot, développée par Softwear Automation, vise à automatiser l’ensemble du processus de fabrication de vêtements” Plusieurs années seront encore nécessaires pour que la technologie devienne bon marché et assez fiable pour remplacer les humains. Mme Kumari, par exemple, gagne environ 1 200 dollars par an, et si la société à l’origine de Sewbot ne fournit pas d’indications relatives à son coût, des sources du secteur parlent de centaines de milliers de dollars. Toutefois, au vu de l’intensification de l’automatisation au sein des industries traditionnelles, les experts avertissent que ce n’est qu’une question de temps avant que cette technologie ne porte atteinte au modèle économique d’une grande partie du monde en développement. L’Asie du Sud est particulièrement menacée, compte tenu de la quantité de programmes économiques dans cette région du monde qui effectuent les travaux de production pour l’export pour lesquels la Chine devient trop coûteuse. En Inde, au Pakistan et au Bangladesh, les décideurs parlent de récolter un “dividende démographique”, puisque les populations augmentent rapidement alors que les salaires moyens restent environ quatre fois inférieurs à ceux de la Chine. Pourtant, les économistes commencent à s’interroger sur les dividendes que ces forces de travail jeunes, peu coûteuses et infatigables toucheront réellement lorsque les robots seront toujours plus en mesure d’effectuer les travaux manuels exigeant une main-d’œuvre importante, sur lesquels comptent les travailleurs. Cela pourrait également se ressentir dans des régions telles que l’Asie du Sud-Est, autre centre de l’industrie textile, et l’Afrique subsaharienne. “La robotique et l’intelligence artificielle représentent la prochaine révolution”, explique Rajiv Kumar, économiste et fondateur de la Pahle India Foundation. “Ces technologies seront plus déstabilisatrices que les révolutions que nous avons connues par le passé (la vapeur, l’électricité, la chaîne de montage ou les ordinateurs), car elles vont remplacer non seulement des routines, mais également des fonctions mentales complexes. La crainte est que notre dividende démographique ne se transforme en un cauchemar démographique.” Il y a plusieurs années, les universitaires ont remarqué un phénomène surprenant dans certaines régions d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique subsaharienne. Bien que la population de nombreux pays ait fortement augmenté, la part des emplois dans l’industrie manufacturière avait à peine progressé depuis les années 1980, et dans certains cas, avait commencé à baisser, et ce bien avant que les économistes ne s’y attendent.

( 26 septembre, 2017 )

Trump bless America

Les élections américaines qui se préparent sont peut-être catastrophiques sur le plan géopolitique, mais elles ont au moins cet avantage : elles représentent un excellent divertissement. La semaine dernière encore, j’ai participé à un incentive à Albany aux USA à l’occasion duquel j’ai pu discuter du résultat de ces élections avec quelques collègues. Curieusement, ces derniers pensaient encore qu’Hillary Clinton allait rafler les élections. Mais je ne suis pas de leur avis : d’après moi, c’est au contraire Donald Trump qui va rafler la mise. C’est bien sûr effrayant et difficilement compréhensible, mais ça n’en est pas moins vrai. La pensée qu’un gars aussi perché puisse être mis à la tête du pays le plus puissant du monde peut paraître insensée, mais elle est en fait parfaitement réaliste. Trump ne gagnera pas tant en raison de ses promesses absurdes que de ce qu’il est fondamentalement. Car au-delà de ses électeurs de base, ce sont d’autres personnes qui vont avoir une influence déterminante et le faire élire : tous ces gens qui ne croient plus au système et veulent le mettre à mal. Ils sont évidemment conscients que le milliardaire représente un choix horrible qui aura de lourdes conséquences, mais c’est finalement pour ça qu’ils vont voter pour lui Comment je sais tout ça ? Parce que j’ai moi-même été comme ça à une époque. Il m’est arrivé, au moment de voter, de vouloir faire un pied de nez au système et de ne pas voter de manière consensuelle. Et les électeurs qui partagent cette envie sont incroyablement nombreux aux Etats-Unis. Ce n’est pas sans raison que le milliardaire a gagné la primaire républicaine, lorsque les spécialistes n’auraient pas pu y croire quelques mois auparavant. Et je pense que les électeurs facétieux qui ont rendu ce premier renversement possible se feront entendre une nouvelle fois lors de l’élection. Je peux évidemment me tromper, et je le souhaite vraiment, en fait : mais je ne me fais aucune illusion en la matière. En tout cas, cet incentive à Albany m’a enchanté. Je vous mets d’ailleurs en lien l’agence qui nous l’a proposé. Les bonnes agences événementielles sont suffisamment rares pour que la qualité de travail de celle-ci soit mentionnée ! Plus d’information sur cette incentive aux USA en surfant sur le site de l’organisateur.

( 28 août, 2017 )

Execution sommaire en Arabie

Amnesty International a évoqué mardi le risque d’une exécution «imminente» de 14 Saoudiens, condamnés à mort pour implication dans des troubles dans le royaume saoudien, au terme d’un «procès inéquitable». La Cour suprême du royaume a confirmé la peine de mort prononcée contre les 14 hommes, reconnus coupables notamment de «rébellion armée contre le roi», attaques contre les forces de sécurité et vol à main armée, indique l’organisation de défense des droits de l’Homme. Leur sort dépend désormais du roi Salmane, qui peut se prononcer pour ou contre leur exécution, a indiqué Samah Hadid, responsable d’Amnesty pour le Moyen-Orient. Le verdict est «le résultat d’un simulacre de procès, qui ne répond pas aux normes internationales d’un procès équitable», a-t-elle ajouté. Amnesty a indiqué que 15 autres Saoudiens avaient été condamnés à mort dimanche par la Cour suprême pour «espionnage» au profit de l’Iran. Le royaume, qui compte le nombre d’exécutions parmi les plus élevés au monde, a mis à mort au moins 66 personnes depuis le début de cette année, selon Amnesty. Les autorités saoudiennes ont intensifié leur campagne de répression contre les dissidents notamment dans la région de Qatif, dans l’est du pays où se concentre la minorité chiite. Le 11 juillet, le ministère de l’Intérieur avait annoncé l’exécution de 4 personnes, condamnées à la peine capitale pour «crimes terroristes», dont des attaques contre les forces de sécurité et troubles à Qatif. Le royaume est régi par une version rigoriste de la charia, la loi islamique, et applique la peine capitale dans des affaires de terrorisme, de meurtre, de viol, de vol à main armée et de trafic de drogue.

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